Ce que j’ai décidé de changer dans la boutique après mes vacances (et ça ne va pas plaire à tout le monde)

J’en ai parlé beaucoup trop, donc si vous ne le saviez pas encore, JE SUIS PARTIE EN VACANCES ! Après un an de boulot non-stop, c’était mérité.
Tout en randonnant au Luxembourg ou en pagayant sur mon kayak, j’ai pris quelques décisions. Urban Jungle peut changer pour un mieux, et moi j’apprends aussi.

La lutte intégrée

Lou et moi vous avions bassiné là-dessus avec nos posts sur les insectes, nous avions eu Cassandre (qu’on remercie vivement pour être venu partager son savoir) qui nous avait appris beaucoup, bref, la lutte intégrée c’est le top du top pour se débarrasser des nuisibles de nos plantes préférées.
Pour faire très simple, il s’agit d’utiliser les insectes qui sont les prédateurs naturels des nuisibles pour qu’ils viennent festoyer avec au menu thrips, cochenilles, araignées rouges et autres pucerons. Chez moi, j’utilise déjà cette méthode, ayant un petit chat qui grignote parfois certaines plantes. A la boutique, on était plutôt sur du spray insecticide.

L’insecticide, c’est pas fou. Peu de risque pour les humains adultes, mais ceux qui sont venus demander conseils pour se débarrasser des nuisibles savent que je pose toujours la question : avez-vous des enfants en bas-âge ou des animaux ? Parce que là, c’est dangereux. Le produit mettrait un mois à disparaitre complètement de la sève de la plante. C’est très toxique pour nos petits compagnons et je n’ai même pas envie d’imaginer les répercussions sur un enfant.

Pourquoi nous n’utilisons pas déjà la lutte intégrée ? Parce que ça coute cher. Très cher. Une bouteille d’insecticide coute à peu près 25€ et je tiens bien trois mois avec. Pour une première salve d’insectes qui couvrent la surface du magasin… Le prix est de 265€. S’ils ont suffisamment à manger, ils se reproduiront et pourront aller coloniser les nouvelles plantes que je ramène lors d’un restock. Mais ça veut dire qu’il faut des nuisibles constamment dans la boutique. Si pas, je suis bonne à espérer que les fournisseurs commencent à être un peu plus regardant sur ce qu’ils me vendent car en ce moment, c’est infesté et je dois limite analyser chaque plante pour être sûre de ne rien ramener de mauvais. Bref, c’est compliqué.

Mais je suis persuadée que ça vaut la peine. J’en ai marre de vous dire de faire attention si vous avez des animaux de bien attendre un mois avant qu’ils ne grignotent une plante. J’en ai marre de respirer de l’insecticide tous les 10 jours . J’en ai marre d’utiliser quelque chose qui va à l’encontre de mes valeurs. J’en ai marre de vérifier que je me suis bien lavée les mains deux fois après avoir sprayé la boutique mais de quand même hésiter à caresser mon chat en rentrant. J’aime la nature, et si je veux être plus en accord avec moi-même, il va falloir mettre la main au portefeuille et dégainer régulièrement ma loupe; mais je suis certaine que c’est pour un mieux, que ce soit pour la boutique, pour moi, ou pour vous.

Oulà, c’était long rien que pour dire ça !

Le prix du rempotage

On arrive à la fin de la saison, et j’espère que, comme moi, vous avez pris le temps de faire vos derniers transferts avant l’arrivée du froid.

Ça fait un peu plus d’un an que je passe mon temps à me renseigner sur les substrats, que je retiens le pH et la composition des différents terreaux, que je cherche à vous fournir sphaigne, perlite, et autres composants utiles. Je pense pouvoir affirmer que je suis loin de la jeune Maïlys qui rempote un zamioculcas dans du terreau universel (encore désolée Noémie, mais cette erreur a été le début d’un long voyage d’apprentissage pour moi. Ça m’aura valu une mauvaise note sur google bien méritée à l’époque).

Au début avec Anne-Catherine (oui oui, j’en ai vu passer du monde dans cette boutique), nous n’étions pas du tout sûre de notre valeur et on s’est dit « bon, bah le service rempotage, heuuuuu 5€« . Sauf que j’ai évolué (contrairement au prix du service), et que 5€ pour rempoter un arbre, avec toutes mes connaissances, c’est rien du tout.

Pour la saison prochaine, les prix vont monter. Je vais faire un tableau, en fonction de la taille de la plante, et pourquoi pas de sa complexité.
A l’instar d’une prestation de musiciens où vous payez le temps, l’achat des instruments, les heures de répétition et d’apprentissage, le local de répète, le temps passé sur les réseaux pour faire leur promotion, les frais de transports, etc etc, pour un rempotage, vous payerez mon temps, mes soins, tout l’apprentissage qu’il y a derrière, le stockage du matériel, la recherche du matériel, etc etc. Ça sera toujours très abordable pour les petites plantes à sauver, mais pour les grandes qui me prennent une demie-heure / une heure ou pour les cactus qui me piquent encore 24h plus tard, ce sera un prix plus juste à mon égard.

J’avais prévenu que ça risquait de ne pas plaire à tout le monde. Mais à l’ère d’internet, rien ne vous empêche de vous renseigner, d’acheter le matériel, et de le faire chez vous. Si vous venez chez moi, c’est pour un service. Je ferai toujours de mon mieux pour vous et vos plantes et c’est cette qualité que vous payerez 😊

Les horaires

Nom de Zeus, qu’est-ce que je vous ai entendu là-dessus. Qu’on soit clair, c’est moi qui fait tourner la boutique, mais ce n’est pas moi la patronne. A mon grand regret, je ne décide pas des horaires, des jours d’ouvertures, de si j’ai un.e collègue ou pas, et je ne peux pas non plus oublier que j’ai une vie et être là h24.

Avant de partir dans les contrées Luxembourgeoises, j’ai passé… deux jours à dormir. Non stop. Oui oui. J’étais é-pui-sée. Éreintée. Au bout du rouleau. Et je sais aussi que ça s’est senti dans la qualité de mon travail. Moi qui d’habitude cours partout, je devais m’asseoir tant j’étais fatiguée.

J’ai donc décidé de prendre soin de moi et de respecter les horaires d’ouvertures.
La boutique ferme à 18h ? Je n’accepte plus un rempotage d’urgence à 17h55, parce que ça veut dire que le temps de rentrer les plantes, ranger, passer un coup de balais, faire ma caisse, il sera 18h55 quand je sortirai. Et je ne serai pas payée plus pour ça. Le vendredi on ferme à 19h ? Ce n’est pas la peine de rentrer à 18h59. Vous n’aurez pas choisi et payé votre plante en soixante secondes. Je suis en train de rentrer les plantes un lundi car c’est le jour de restock ? « Bonjour ! Est-ce que… » Désolée, on est fermé le lundi. « Oui mais c’est juste pour un renseignement ! » Oui mais il est 19h30, j’ai commencé ma journée à 10h, et je ne suis pas là d’avoir fini. Ce n’est pas contre vous, c’est juste que j’ai une vie à côté de mon métier. Si je prends 10 minutes à vous expliquer comment vous débarrasser des cochenilles dans votre coleus, j’irai me coucher 10 minutes plus tard. Ma douche et mon repas (que j’attends avec impatience parce que j’ai la dalle!) ne prendront pas moins de temps pour autant. Envoyez-moi un message sur instagram ou messenger, venez pendant les heures d’ouvertures, je vous répondrez avec plaisir. Mais quand j’ai une caisse ultra lourde en main, une camionnette remplie, une boutique où les gens essayent quand même de rentrer, et déjà 9h de travail dans les pattes, ce n’est pas le bon moment.

Deux jours de vacances gâchés parce que je suis en KO technique tout ça parce que je ne respecte absolument pas mes horaires, c’est mort. J’ai donné. Un meilleur service, c’est une plantiste qui n’est pas à côté de ses pompes et qui est opérationnelle pendant ses heures de travail. Et ça passe par respecter mes horaires même si j’ai envie d’aider vos plantes. J’espère que vous comprendrez 💚

En conclusion

Vous l’aurez compris, c’est pas méchant, c’est pas contre vous, mais c’est pour un mieux. J’ai besoin de temps en dehors de la boutique, j’ai décidé de payer mes services à leur juste valeur, et j’en ai fini de me balader dans des produits potentiellement toxiques.
J’espère de tout cœur que vous comprendrez et que vous accueillerez positivement ces changements.

Avec plein d’amour,
Votre plantiste dévouée,
Maïlys

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